Safeandsound - et God Jul !

Le 21 décembre 2025

Je vous partage cette reprise pour terminer l'année en chanson. Merci d'avoir suivi mes aventures, je retourne quelques jours en France où j'espère revoir le soleil, qui a disparu depuis quelques semaines, et manger du vrai fromage ! Je vous souhaite donc God Jul (ça veut dire joyeux noël, rien à voir avec le rappeur) et Godt Nyttår (bonne année) !


Le journal d'un volontaire

Le 18 décembre 2025

Alors comme ça en France on peut écrire un livre en 20 jours et en vendre des milliers ? Je vais me lancer sur un projet similaire alors. Ça pourrait commencer comme ça.

En arrivant en Norvège, je fus frappé par l'explosion de couleurs. Le ciel est tantôt rose, bleu, violet, puis d'un noir intense. Mon alimentation est faite de pommes de terre, de laitages et de fromages sans goût.

La Norvège est pour moi une chance que j'essaie de rendre la plus productive possible. On a coutume de dire que l'on apprend à tout âge. C'est vrai, car j'ai beaucoup appris en Norvège, sur les autres comme sur moi-même.

Il fallait que je réponde à cette simple question : "Mais comment suis-je arrivé ici ?". Que je m'interroge sur cette vie si étrange que la mienne, qui m'a fait passer par tant de situations extrêmes. Ou peut-être la réponse est-elle très simple : je suis arrivé là en avion.

une couverture parodique
La couverture en exclusivité

Je dois avouer que suivre l'actualité politique française de loin la rend moins stressante. Entre celui qui récolte tous les ingrédients pour une bonne pâte à crêpe, celui qui se prend pour Mandela parce qu'il a passé 20 jours à manger des yaourts et jouer à la belote, et celui qui croit être le futur Brassens parce qu'il a fait une chanson avec une IA, j'ai de quoi rire pour illuminer les longues nuits scandinaves.


Au chœur de Vevelstad - Le concert de Noël

Le 14 décembre 2025

Vous avez certainement compris que la chorale est une de mes activités préférées à Vevelstad. Et c'est hier que se tenait l'événement de l'année : le concert de Noël.

Mais tout concert vient avec son lot d'imprévus. Tout a commencé deux jours avant, le jeudi. Celui qui devait amener la sono s'est désisté. En urgence, et en bons volontaires que nous sommes, nous avons réuni tout le matériel à notre disposition (micros, enceintes, lumières) pour l'amener à l'église. Un petit coup de stress avant la répétition générale qui se tenait le soir même. En arrivant, le groupe s'était mis d'accord sur le fait qu'on avait pas besoin de micros, rapport à notre coffre impressionnant. La répétition s'est passée à merveille, nous avions un accordéoniste qui rendait les chants vraiment superbes, notamment le mythique "Nordnorsk Julesalme". Qu'est-ce qui pouvait nous arriver ?

Réponse simple : une terrible épidémie de rhume. Quand il n'y a pas de soleil et que le mercure a pas dépassé les 5 degrés depuis 3 semaines c'est pas si improbable. Déjà jeudi, l'un de nos deux basses avait l'œil fébrile. Nous sommes un petit chœur, dans les meilleurs jours nous sommes une petite vingtaine à chanter. Il ne faut donc pas qu'il y ait trop d'absents sinon le concept de chorale s'éloigne. Samedi matin, nous avons appris le forfait de 4 membres supplémentaires, ainsi que celui de l'accordéoniste, et du pianiste qui venait avec la chorale du village voisin, et pour finir celui de mon collègue volontaire qui devait assurer la diffusion en direct pour la maison de retraite. Notre basse était bien malade, lui qui ne l'avait pas été depuis 45 ans (du moins c'est la légende qui circule). C'est vous dire la saloperie qui traînait dans le village. Mais il est tout de même venu.

C'est donc un chœur de 11 chanteuses et chanteurs qui s'est présenté à l'église, sans pianiste ni accordéoniste. Mais "show must go on" comme on dit.

L'intérieur de l'église de Vevelstad
Le décor du concert

Comme la dernière fois j'avais une cravate. Contrairement à la dernière fois on a trouvé la tierce picarde. On a quand même mis deux ou trois notes à côté mais je crois qu'on a malgré ça contribué à la magie de Noël. Lors de la traditionnelle remise des bouquets, j'ai eu le droit à une rose et à un remerciement personnel, je cite : "for en franskmann som har lært seg alle disse norske sangene" (pour un français qui a appris toutes ces chansons en norvégien). J'étais ému.

Je vous partage un petit extrait du concert, il s'agit de la chanson "Hymne". C'est du vieux danois "norvégisé", je peux pas vous donner la traduction exacte mais le message global est "aimez-vous les uns les autres".


Après le concert il y avait bien sûr une fête pour la fin d'année. Comme beaucoup étaient souffrants, nous n'étions plus que 6 pour la soirée. Mais nous avions de quoi manger pour 15.

Une belle manière de clôturer l'année, et j'en ai appris plus sur le prochain rendez-vous, en février. Il s'agit d'un week-end avec un chef de chœur professionnel où nous allons chanter le répertoire de Trygve Hoff. Et qu'il faut apprendre les vingt chansons par cœur car les partitions seront interdites. Je vous laisse, j'ai du pain sur la planche.


Koselig

Le 11 décembre 2025

C'est bientôt Noël, ou "Jul" devrais-je dire ! En France on a de nombreux concours formels ou informels de décoration de maison. Ici il y a bien quelques étoiles aux fenêtres et quelques guirlandes aux gouttières mais pas de Père Noël géant dans le jardin ou de guirlandes LED multicolores clignotantes sur le toit.

En revanche les norvègiens sont pris d'une étrange frénésie : rendre tous les lieux de vie "koselig". Ça ne se traduit pas vraiment mais je vais tenter une explication.

Au fur et à mesure que les jours se réduisent et que la lumière naturelle faiblit, on pourrait penser qu'on ferait en sorte d'y voir clair à l'intérieur des maisons. Détrompez-vous, il faut rendre son salon "koselig" (prononcez "coucheli"). On éteint donc toutes les lumières, et on allume les bougies (à la limite on laisse un petite veilleuse). On saupoudre le tout de quelques sobres décorations, et vous avez un salon "koselig". Si vous allumez un feu de cheminée c'est parfait. Vous ne voyez pas ce que vous mangez, vous ne pouvez pas non plus lire, mais qu'importe, c'est "koselig", ça réchauffe le cœur.

Autre exemple : au travail il a fallu décorer les locaux de la commune. Je m'attendais à du grandiose, du tape-à-l'œil, d'autant plus que l'électricité est quasiment gratuite et intégralement issue d'énergies renouvelables (oui la Norvège est le 12ème plus grand producteur de pétrole au monde mais ils laissent les autres pays le brûler). Ce n'est pas ce qui s'est passé : une discrète guirlande aux fenêtres, un chemin de table rouge parsemé de quelques bougies et le tour était joué. C'était "koselig".

J'espère vous avoir éclairé (à la bougie) sur ce concept. Je retourne à mes révisions pour le deuxième concert de Noël. Une chose est sûre, nous passerons quelques heures à rendre l'église où aura lieu le concert "koselig".


Mil etter mil

Le 7 décembre 2025

Petit à petit, mon norvégien progresse. Est-ce grâce aux chansons du grand Jahn Teigen ? Peut-être... Je vous laisse juger.


Vadrouille dans le Vestland

Le 4 décembre 2025

La semaine dernière, j'ai du quitter Vevelstad pour quelques jours. Je me suis rendu à un séminaire réunissant l'ensemble des volontaires du Corps Européen de Solidarité effectuant leur volontariat en Norvège.

Voyager en Norvège c'est toute une épopée. Le séminaire se déroulait à Balestrand, un petit village touristique du Vestland (région de l'Ouest), près de Bergen, deuxième ville du pays. Tout d'abord il a fallu quitter Vevelstad en prenant le ferry. Ensuite j'ai pris l'avion de l'aéroport de Brønnøysund jusqu'à celui de Trondheim. Puis un autre avion jusqu'à Bergen. Tout ça prenant évidemment une journée, il a fallu dormir sur place. Avec d'autres volontaires nous avons ensuite pris le "Hurtigbåt" (bateau express) jusqu'à Balestrand. Ça pèse lourd dans mon empreinte carbone.

J'était tout déboussolé. D'abord parce que nous avons du passer une nuit à Bergen qui est 612 fois plus peuplée que Vevelstad. Puis parce que j'ai passé 3 jours avec 25 personnes de mon âge, une situation qui n'arrive jamais à Vevelstad où je côtoie plus souvent les joueuses de Yahtzee.

Mais bon ça fait des souvenirs. À Bergen j'ai pu voir l'attraction principale : Bryggen. C'est un petit quartier de maisons en bois typiques.

Une photo du quartier Bryggen à Bergen
Joli port de pêche.

Après j'ai trouvé quelques disques en français dans une brocante, et pris un café sur lequel la serveuse à écrit "du stråler". Google a traduit ça en "tu t'es fait caca dessus". Après vérification j'avais oublié une lettre et un accent. Ça voulait plutôt dire "tu rayonnes". Mouais, je venais juste de courir donc je pense que j'avais quand même une sale tronche.

Un vinyle de Roch Voisine
Seul sur le sable, les yeux dans l'eau...

Arrivé sur les lieux du séminaire, à Balestrand, je m'assois à table pour le dîner. La volontaire en face de moi était française. Et née à Chaumont. Ça ne s'invente pas.

Après 3 jours de rencontres avec les autres volontaires, de batailles de boules de neige et de repas gargantuesques, tout ça dans un décor de rêve, il était difficile de quitter Balestrand. Sur le bateau du retour, la mer était agitée et le personnel de bord s'est mis à distribuer des sacs à vomi. J'ai tenu le coup. En arrivant à l'aéroport beaucoup de vols étaient annulés. Apparemment les Airbus A320 supportent mal les tempêtes solaires. Par chance, les vols internes en Norvège se font majoritairement sur des vieux coucous. Nous sommes donc arrivés à Vevelstad sans encombre.

Une vue du village de Balestrand
La plus belle balustrade de Balestrand

Depuis je suis un peu fatigué. C'est peut-être à cause de cette semaine intense. Ou du fait qu'il fait maintenant nuit à 14 heures et qu'on ne verra plus le soleil avant Janvier.