Take on me
Le 18 janvier 2026
Vous saviez que A-ha était un groupe norvégien ?
10 choses à savoir sur Vevelstad - Partie 2
Le 15 janvier 2026
La formulation du titre est un peu trompeuse. Je ne sais pas si "à savoir" est le bon terme. Déjà parce que vous n'êtes pas vraiment obligés ni de lire ni de retenir tout ça, et puis parce qu'il faut bien avouer que c'est un savoir inutile dans la vie de tous les jours. En plus c'est l'épisode 2 donc autant vous dire que j'ai creusé profond pour trouver 10 faits supplémentaires. Le portail statistique gouvernemental norvégien a été mon sauveur pour la rédaction de ce billet. Allez, je mets fin au suspense.
- Il y a 269 maisons à Vevelstad.
- Il y a 155 "hytte" à Vevelstad. Ce sont les cabanes/maisons secondaires dans les montagnes et la forêt où les norvégiens aiment se rendre le week-end ou pendant les vacances.
- En 2024 (j'attends avec impatience la statistique pour 2025), les Vevelstadiennes et Vevelstadiens ont emprunté 795 livres à la bibliothèque.
- 6,9% des enfants ont fréquenté l'école de musique.
- La densité de population de la commune est de 1 habitant par kilomètre carré. Il y a de la place.
- Il y a 141 voitures diesel à Vevelstad.
- Il y a 73 voitures essence à Vevelstad.
- Il y a 34 voitures électriques à Vevelstad.
- Il n'y a eu aucune naissance à Vevelstad en 2024.
- Il n'y a pas de maternité à Vevelstad. Tout est lié.
Vous pouvez deviner qu'il n'y aura certainement pas de partie 3, sauf événement improbable ou inspiration soudaine de ma part.
Taco Fredag
Le 11 janvier 2026
Il est temps de vous présenter la plus grande tradition culinaire norvégienne. Et ce n'est ni un plat à base de viande d'élan, ni une variation autour de la pomme de terre, mais bien des tacos. Non la Norvège n'a pas inventé le taco, mais une manœuvre publicitaire habile de quelques distributeurs de l'industrie agro-alimentaire a conduit l'ensemble du pays à adopter le "Taco Fredag", ou "Vendredi Tacos".
Vous trouvez dans l'ensemble des supermarchés un rayon dédié, qui vous permettra de réaliser vos propres tacos. Il n'y a pas beaucoup de travail, tout est déjà prêt, en boîte, à réchauffer au micro-ondes. Je n'ai pas de connaissances précises sur ce qu'est un véritable taco mexicain, mais j'ai l'impression que le taco norvégien est une adaptation éloignée de la recette originelle.
En bon volontaire cherchant à m'imprégner le plus possible de la culture locale, tous les vendredis je me rends à la supérette Coop (il n'y en a qu'une à Vevelstad donc le choix est vite fait) pour préparer "Taco Fredag". J'y trouve un aspect très positif : après une semaine de travail on ne se pose pas la question de ce qu'on va manger le soir, et on a pas non plus besoin de passer des heures à cuisiner.
Après quelques semaines d'ajustements et d'observations, voici la méthode finale de préparation du taco que je déguste désormais chaque semaine.
- Faites revenir des ognons, des poivrons et des haricots rouge à la poêle. Arrosez de purée de tomate.
- Râpez du fromage.
- Faites chauffer les tortillas au micro-ondes.
- On passe ensuite au dressage : une tortilla, une bonne cuillère de "sauce tacos" (ça s'achète en bocal), une bonne louche de la préparation à base de poivrons et haricots rouges, une poignée de fromage râpé, une cuillère de crème fraîche, et quelques chips de maïs cassées en petits morceaux pour la texture
- Prévoyez de quoi vous essuyer la bouche et les mains à proximité : les morceaux de chips vont percer la tortilla, laissant la sauce tomate se répandre partout. Ou alors ça va déborder parce que vous avez trop chargé le taco. Mais c'est ça qui fait tout le charme de "Taco Fredag" : une forme de schlagitude, comme disent les jeunes.
- Dégustez.
Conclusion : si la publicité a réussi à faire d'un mets mexicain le plat national d'un peuple de pêcheurs alors tout est possible. Peut-être que je peux me lancer dans l'agro-alimentaire en France avec le lundi spaghetti ou le mercredi sushi.
Comment j'ai réussi à revenir à Vevelstad
Le 8 janvier 2026
Les vacances et la bamboche, c'est fini. Il était temps pour moi de retourner au pays du fromage en tube. Je suis content de rentrer même si je vais louper une de mes périodes préférées : celle des galettes des rois. Je peux peut-être essayer d'importer cette tradition à Vevelstad, d'autant plus que les norvégiens ont un vrai roi.
Encore une fois, je prenais l'avion. Enfin 3 avions. Paris-Amsterdam, Amsterdam-Oslo et enfin Oslo-Brønnøysund. C'est pas bien, ça pollue, les aéroports ça prend de la place et ça fait du bruit. Si jamais la voie ferrée qui va jusqu'à Trondheim ouvre de nouveau (une sombre histoire de glissement de terrain), j'essaierai peut-être de rentrer en train à la fin de mon volontariat.
En plus l'avion ça a l'air pratique comme ça mais ça ne l'est pas du tout. On prend pas les bagages qu'on veut, on attend des heures dans les aéroports, les gens sont stressés et les sièges sont pas confortables. Et puis, même si je suis toujours impressionné par l'organisation des aéroports et l'ingéniérie des avions, il suffit de pas grand-chose pour que ça déraille (dévole ? déplane ?). En l'occurence, c'est une tempête de neige sur l'aéroport d'Amsterdam qui a fait voler (sic) mes plans en éclat. J'ai donc appris la veille du départ, alors que j'étais déjà à Paris, que mon vol vers Amsterdam était annulé. J'ai assez vite eu une place sur un nouveau trajet, qui me faisait passer par Tromsø, tout au nord de la Norvège continentale, pour redescendre ensuite vers Brønnøysund. Je vous fais une petite carte pour vous montrer l'ampleur du détour.
Au moment de décoller de Charles de Gaulle, le commandant de bord annonça une mauvaise nouvelle (c'est le meilleur moment pour annoncer une mauvaise nouvelle en avion, après c'est souvent trop tard) : comme l'aéroport de Tromsø était enneigé, il nous fallait plus de carburant au cas où nous devions nous y prendre à plusieurs reprises pour atterrir. Mais le réservoir était déjà plein. On aurait pu laisser des passagers ou des bagages à Paris, mais il préférait faire une escale à Oslo pour faire le plein. Après tout c'était pas plus mal si ça nous permettait d'arriver en vie. Il y avait même des passagers qui avaient pour destination finale Oslo donc ils étaient ravis. Sauf qu'ils ont appris qu'ils ne pouvaient pas decendre parce que c'était juste une pause aux stands. Après 5 heures de vol, nous arrivâmes à Tromsø où il y avait un mètre de neige sur chaque bord de la piste. Là je me dis que le plus dur était fait.
Mais le voyage aérien, c'est un château de cartes. Quand il fait -6º, chaque avion doit passer au dégivrage avant le décollage. Non, le pilote ne descend pas du cockpit avec sa raclette pour enlever la glace du pare-brise. D'après de sérieuses recherches, à faire pâlir Élise Lucet, on asperge l'avion d'un liquide spécial. C'est moins drôle. Et il faut fermer régulièrement la piste pour dégivrer et déneiger. Les avions prennent du retard, les équipages qui ont plusieurs vols doivent tout de même observer un temps de repos obligatoire, vous accumulez tout ça et quand vous êtes à l'aéroport à 18h, vous vous rendez compte qu'il n'y a pas un seul avion qui a moins de 30 minutes de retard. Résultat, mon deuxième avion vers Bodø est arrivé une heure après le décollage de mon dernier vol. Mais ça voulait aussi dire : repas, hôtel et petit-déjeuner aux frais de la compagnie. Vous me connaissez, j'ai rentabilisé les repas.
J'ai ensuite pu reprendre l'avion vers Brønnøysund, et arriver à Vevelstad après 2 jours de voyages. Par contre si je chope celle ou celui qui a éteint le soleil et allumé le vent ça va barder.